26.11.2010

La Grande Bruyère

Un dossier majeur de l'asbl HOMMES ET PATRIMOINE !

C’est en 1999 que l’association reprend le combat entamé en 1980 par les habitants rejoints à l’époque par les autorités communales. Cette année là, elle fédère autour d’elle 8 associations et des spécialistes en biologie et publie « Le Plaidoyer pour la Grande Bruyère ».

Dès cette époque, et jusqu’en 2005, date du dernier projet immobilier, l’association HOMMES ET PATRIMOINE et la CCAT, où elle est représentée par des membres actifs et compétents, parviennent à repousser les nombreux projets d’immeubles imposants, tantôt sous la forme d’un bâtiment massif, tantôt sous la forme de bâtiments multiples.

Durant ces années l’association interviendra et multipliera les contacts tant auprès des Communautés Européennes que des instances régionales et communales, ainsi qu’auprès du propriétaire afin de trouver le meilleur règlement à l’amiable.

En 2005 un nouveau projet immobilier est remis à l’Urbanisme, comprenant 6 tours de 7 étages et 1 de 6 étages. En fin 2005, l’association réunit autour d’elle 20 associations et organise en février 2006 une marche en faveur du maintien du site et de son rachat par la commune. Malgré le temps froid et la pluie, plus de 400 personnes y participeront. Mandaté par toutes les associations et par une grande partie de la population, HOMMES ET PATRIMOINE défendra devant le Conseil communal le principe du rachat du terrain pour 1 million d’euros (la Commune inscrira ce montant au budget communal) et la reprise de l’élaboration d’un Plan Communal d’Aménagement (plan déjà obtenu en 2000 puis abandonné par l’ancienne majorité).


Hommes et Patrimoine logo.JPGContact

Michel WAUTOT (président)
Rue du Moulin 8
1330 Rixensart 

 

 

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Extraits d’un article paru dans "Espace-vie" en 2006

Brève chronologie

- 1965 : une société immobilière achète un terrain de plus de deux hectares, sur un versant de la vallée de la Lasne. A l’époque cela devait passer pour un achat un peu farfelu, bâtir sur un terrain en pente raide ! Le permis de lotir (de 3 lots) stipulait notamment «villas isolées à caractère familial et résidentiel ; largeur maximum = 3/5 maximum de la largeur du lot ; hauteur = deux niveaux au-dessus du sol naturel au centre de l’implantation.. . ». Le Collège accorde le permis pour autant que la Société demande la suppression du sentier communal n°38.

- 1967 : refus de la députation permanente

- 1969 : la société demande une modification du permis de lotir (6 lots pour villas jumelées), refus du Collège.

- 1970 : Modification du permis de lotir « 18 logements sur chacun des 3 lots » nouvelle demande pour 3 bâtiments à appartements. Le permis est accordé, mais les travaux ne sont pas entrepris.

- 1978 : Une nouvelle société achète un des lots et introduit une demande pour des logements groupés. La Commune informe celle-ci que le terrain est repris en zone verte et au Plan de Secteur et au Plan Directeur Communal. En fin d’année la Commune signifie la péremption du permis. Mais la Direction de l‘Urbanisme déclare le permis non susceptible de péremption.

- 1979 : Le plan de secteur approuvé en mars est publié en septembre…le terrain est repris en zone d’habitat ! Le même mois le Conseil Communal décide l’établissement d’un Plan Particulier d’Aménagement. Octobre, une troisième société rachète les 3 lots et introduit une demande pour 38 appartements duplex et la modification du sentier n°38. Une ouverture de voirie publique est prévue, mais sans en référer au Conseil Communal. La Commune ne se prononce pas. 1980 : Le Fonctionnaire Délégué délivre le permis, mais avec obligation de respecter les autorisations à solliciter et autres règlements imposés. Recours de la commune au Conseil d’Etat. En août débutent les travaux. En septembre, arrêt de ceux-ci devant la détermination des habitants à les arrêter.

- 1980-1999 : Présentation de plusieurs projets, tous repoussés sur base d’arguments juridiques et de bon aménagement.

- 1999 : Une association, Hommes et Patrimoine, fédère 8 associations et ensemble publient « Le Plaidoyer pour la Grande Bruyère » et demandent un Plan Communal d’Aménagement de toute la zone.

- 2000 : La Commune vote le PCA. Mais elle l’abandonne en 2002 prétextant que le terrain est prévu en zone Natura 2000 et qu’il deviendra zone verte.

- mars 2005 : Malgré le recours d’Hommes et Patrimoine auprès des Communautés Européennes, le terrain reste hors Natura 2000, en compensation la réserve naturelle du Carpu, également objet du recours, est remise en Natura 2000. En mai nouveau projet comprenant 6 immeubles de 7 étages et 1 immeuble de 6 étages.

- décembre 2005 : Hommes et Patrimoine mobilise 19 associations et comités en faveur du rachat du terrain par la commune.

- février 2006 : Ils organisent une marche de soutien, plus de 400 personnes y participent malgré la pluie.

 

Les raisons d’un tel combat

Ce terrain fait partie de la vallée de la Lasne, qui est classée et en zone paysagère. De plus il s’intercale entre la réserve naturelle du Carpu, gérée par les RNOB/NATAGORA et la réserve de la Grande Bruyère gérée par la Commune de Rixensart. Il assure une continuité, par ses caractéristiques propres, à la diversité de ce site quasi unique en Brabant wallon.

La Grande Bruyère fait partie de l’ancien paysage agro-pastoral. Au niveau de la flore, cent cinquante espèces y ont été répertoriées. La sauvegarde de l’ensemble du site permettrait de restaurer un des derniers paysages traditionnels de notre province. Le CWATUP résume parfaitement cette démarche, il déclare dans son article 345 …« A titre de site toute œuvre de la nature ou toute œuvre combinée de l’homme et de la nature constituant un espace suffisamment caractéristique et homogène pour faire l’objet d’une délimitation topographique ».

 

De l’intérêt Biologique et écologique du site

Cette colline située au Glain offre une gamme de milieux naturels représentatifs de l’originalité géomorphologique et écologique du Brabant sablo-limoneux. Le site représente un enjeu majeur pour la conservation de la biodiversité à l’échelle de la région wallonne.

En haut, la réserve de la Grande Bruyère : elle est formée de sables bruxelliens secs et fortement lessivés. Elle comprend des pelouses ouvertes sur sable sec et acide, des éléments de lande à bruyère et leur re-colonisation par la chênaie à bouleaux. Parmi les espèces remarquables : la Jasione des montagnes et la Canche printanière.

Au centre la parcelle à lotir : elle montre une diversité écologique remarquable. Le haut est composé de sables bruxelliens podzolisés, relativement frais qui reposent sur une assise yprésienne imperméable. Entre ces deux assises se situe une ligne de sources d’imperméabilisation, aux eaux claires et légèrement acides. Le bas est établi sur des terrains variés, acides et modérément humides. Actuellement subsistent des lambeaux de lande à bruyère, en cours de re-colonisation par la chênaie à bouleaux et envahie par la Molinie. Une gestion appropriée pourrait permettre de faire réapparaître des espèces végétales extrêmement rares comme la Cuscute du thym et le Genêt des Anglais. Au niveau des sources on observe des fragments de tourbière de pente. Anciennement le fauchage maintenait une végétation riche en espèces rares comme le rarissime Rossolis à feuilles rondes…et carnivores, la Linaigrette, l’Ecuelle d’eau …On y trouve la fougère rare appelée le Polystic des montagnes et une orchidée protégée : l’Orchis tacheté….

Cette zone requiert de façon urgente une gestion conservatoire visant à la restauration de la végétation exceptionnelle qui faisait sa renommée.

En bas la réserve du Carpu : le fond du vallon est occupé par des alluvions sablo-argileuses humides à marécageuses, modérément acides. Il possède une végétation très diversifiée dont une aulnaie, des fourrés marécageux et surtout le dernier témoin des prairies marécageuses sauvages du Brabant wallon. La flore est exceptionnelle comme l’orchis tacheté, déjà cité, la Succise des prés, le Sélin, la Bétoine officinale. On y trouve le lézard vivipare, les Gammares ou crevettes d’eau douce, des amphibiens….

Ces trois sites sont interdépendants, toucher à l’un c’est mettre en péril les autres. Ces milieux qui se succèdent donnent une séquence complète qui n’existe plus qu’à Rixensart. En cas d’urbanisation de la zone centrale, la flore et même la faune subiront appauvrissement et banalisation. Il y aura modification hydrologique. Les sols et la nappe phréatique risquent d’être déstabilisés. La réserve du Carpu court un réel danger. Quant au paysage, il produirait un effet comme celui de l’urbanisation des côtes méditerranéennes.

(article de Michel Wautot paru dans Espace-vie en 2006)

Edité par Eric de Séjournet pour HOMMES et PATRIMOINE |  Facebook

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